Quand peut-on se considérer comme expérimenté en montagne?

Aujourd’hui j’ai reçu par mail de Tiffany qui m’envoie le message suivant :

J’ai une question, peut être stupide, peut être philosophique, mais sur laquelle j’aurais besoin d’un éclairage.

Contexte : il me trotte dans la tête depuis un moment un incident sans vouloir le citer où deux randonneurs expérimentés sont morts de froid en septembre en montagne. Bien sur, je sais que ça peut arriver, que l’imprévu peut toujours se produire et des malheurs survenir, je ne pointe aucun manque de compétence.

Ma question : Quand peut-on se considérer comme expérimenté? Quels sont les critères, selon vous, qui donnent ses galons à « un vrai montagnard »?

Quels seraient les « épreuves de passage » du diplôme du randonneur aguerri s’il y en avait un?

Je m’interroge en tant que « touriste de la montagne » faute d’avoir la chance d’y habiter. Et dans l’idée de recueillir des « choses à savoir/choses à avoir fait » avant d’envisager de me lancer sur des aventures qui me dépassent. Et par humilité envers la nature, en particulier la montagne, qui peut faucher même les meilleurs.

Si vous avez des lectures à me conseiller, je suis toutes ouïes.

=> nous conseillons le livre premier de cordée Poche de Roger Frison-Roche et un autre livre sur la montagne, la frontière invisible de Killian Jornet. Super histoire et qui montre que même expérimenté on se pose des questions, on prend des risques et que parfois il faut savoir renoncer.

Débutant et expérimenté en montagne

Comment peut-on devenir alpiniste et à quel moment peut-on se prétendre expérimenté ? La météo, le terrain, l’altitude, autant de paramètres qui influent sur le parcours. Que l’on soit un alpiniste aguerri ou amateur, la montagne peut parfois nous préserver de mauvaises surprises ! C’est dans cette optique qu’il convient de se préparer convenablement à son ascension.

Où se former à l’alpinisme et à la haute montagne ?

On ne devient pas alpiniste du jour au lendemain ! En effet, il s’agit d’un projet initiatique de longue haleine regroupant plusieurs techniques à acquérir et à peaufiner avec le temps. En partant des premières randonnées tout en passant par les systèmes d’assurage, de secours ou de rappel, jusqu’à la grande ascension et l’apprentissage de la nivologie : il y a tout un travail à faire.

Fort heureusement, dans l’Hexagone, il existe plusieurs acteurs de formation qui sauront vous prêter main-forte.

La Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne ou FFCAM

C’est une fédération qui abrite sous ses ailes différentes disciplines sportives. De par sa vocation et ses objectifs, elle est agréée par le ministère des Sports. Les formations qu’elles dispensent permettent d’acquérir de l’autonomie en alpinisme, en canyoning, en escalade et en sports de neige dans un délai compris entre 5 et 6 ans.

La Fédération Française de Montagne et d’Escalade ou FFME

Outre la FFCAM, il est aussi possible de se former auprès de la FFME qui offre des formations afin d’acquérir les bonnes techniques en montagne. Les initiations sont groupées par niveau et s’accompagnent de codes couleur à valider. Ainsi, le vert représente le 1er stade où l’on se familiarise avec les différents équipements. Vient ensuite le bleu, regroupant les techniques d’assurage. Le violet propose des expérimentations sur le terrain. Enfin, il faudra passer le niveau rouge et noir.

En outre, les apprenants peuvent également prétendre à des brevets fédéraux afin d’encadrer des disciplines dans la fédération. Cette option est aussi disponible auprès de la FFCAM.

La Fédération Sportive et Gymnique du Travail ou FSGT

Cette fédération priorise les rassemblements nationaux ainsi que les stages de formation. De par son objectif principal qui est celui de rendre les activités de montagne accessibles à tous, la formation proposée permet d’acquérir de l’autonomie. Ainsi, que vous soyez intéressé par l’alpinisme, le ski de randonnée, le canyoning ou les raquettes, vous y trouverez surement une formation adéquate. Vous pourrez par la suite vous attaquer à des randonnées « high level » sur le mont Kilimandjaro ou encore sur le solheimakjull.

L’École Nationale de Ski et d’Alpinisme ou l’ENSA

Les stages sont à l’honneur auprès de cette institution. Elle propose des stages d’aspirant-guide pour les amateurs n’ayant que peu de notions et des stages de guide pour ceux qui connaissent déjà l’univers de l’alpinisme, mais désirant se perfectionner. Pour ce dernier cas de figure, on requiert au minimum un niveau D en courses en montagne.

L’Union Nationale des Centres Sportifs de Plein Air ou UCPA

Ce qui plait particulièrement chez cet acteur, ce sont les stages d’alpinismes qui sont proposés sous format « séjours ». Les stages accueillent les débutants du domaine pour une immersion dans plusieurs massifs comme le Verdon, le Mont-Blanc ou les Écrins. Ces séjours sont sous la supervision d’un guide pour acquérir les bonnes techniques afin d’atteindre la cordée et devenir autonome.

Pourquoi engager un guide de montagne?

La première chose qu’il faudra retenir c’est qu’un guide est un acteur essentiel si l’on souhaite se familiariser avec la montagne. Ces professionnels sont ainsi présents pour vous aiguiller et transmettre leur connaissance afin d’améliorer vos compétences. Outre le fait qu’ils sont à même de vous enseigner les techniques appropriées, ils sont également de bons auditeurs. Ainsi, que vous soyez un alpiniste chevronné ou un débutant, ils vous offriront toutes les informations qui pourront vous être utiles. De même, leur présence est encourageante et permet de gagner de la confiance pour accomplir certaines techniques que vous n’avez pas encore pu expérimenter.

Les débuts de l’alpinisme

Depuis la nuit des temps, les montagnes représentaient des territoires fascinants et intrigants pour l’homme. Les sommets étaient d’ailleurs interdits et l’on croyait fermement qu’ils abritaient les dragons et les diables. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que les croyances vont évoluer, intégrant la montagne comme un site d’expérimentation de la même lignée que l’océan.

1492 représente un moment clé de l’alpinisme, et la majorité des historiens pensent d’ailleurs que cette année marque la naissance de la discipline. En effet, c’est au cours de cette période que le roi Charles VIII a entrepris une expédition  avec ses hommes sur le Mont Aiguille. Avant l’ascension, les préparations battaient de leur plein et les matériels étaient choisis minutieusement en vue de faire face aux passages difficiles. Après que les cordées aient conquis les principaux  sommets de l’Alpe, les courses privilégient désormais la difficulté et l’esthétisme.

Débuter l’alpinisme, par où commencer ?

Caucasian Girl Hiking in the Mountains. Located in Yukon, Canada.

Pour avoir des bases solides, il est vivement conseillé de débuter avec des cours d’escalade. Cela permet de préparer ses premières sorties, tout en se familiarisant à l’ascension et aux techniques adéquates.

En outre, il serait également intéressant de s’inscrire à des stages d’initiation organisés par les différents clubs d’alpinisme.

Enfin, sachez que l’alpinisme est une discipline sportive à part entière. En ce sens, outre la coordination et la technique, vous devez également avoir de l’endurance et de la force. Dans la même foulée, la concentration est un élément majeur dans l’ascension. Il est également essentiel que vous soyez en mesure de gérer vos émotions et votre anxiété.

L’équipement pour débuter l’alpinisme

Les sorties en montagnes nécessitent évidemment une préparation préalable, en partant du matériel tout en passant par les vêtements et les accessoires qui pourront vous être utiles. Voici une liste non exhaustive des principaux équipements que vous devrez avoir sur vous.

Matériels d’alpinisme :

  • Sac à dos
  • Lampe frontale
  • Casque
  • Lunettes de glacier (cat. 4)
  • Piolet
  • Crampons
  • Bâtons
  • Baudrier
  • Chaussures d’alpinisme
  • Guêtres

Pour le baudrier, pensez à avoir un appareil pour l’assurage et mousqueton à vis, une sangle et un mousqueton à vis, un mousqueton à vis directionnel, une broche à glace et un mousqueton

Débuter l’alpinisme : la préparation

Avant votre ascension, pensez à vous préparer de manière adéquate. Ainsi, la planification de l’itinéraire ainsi que la préparation du kit est primordiale. De même, pensez toujours à revérifier l’ensemble de vos équipements pour éviter les mauvaises surprises. Enfin, entrainez-vous suffisamment et reposez-vous convenablement avant le jour J.

6 réflexions au sujet de “Quand peut-on se considérer comme expérimenté en montagne?”

  1. Beaucoup arpente la montagne pour des randos sans aucune.preparation ou.condition.physique.
    A mon avis , on s’engage avec un équipement adapté,godasses de rando,sac a Do avec duvet,vêtements chauds,bonnet, mélange de fruits sec , 2 l d’eau.
    La progression en montagne.doit être mesurée. Difficultés, denivelés. Ne pas s’aventurer a progresser en dehors GR ou HRP car risques . Ensuite le bon sens est de rigueur. Prendre son temps et ne pas vouloir tout faire pour retourner à sa voiture avant la nuit.
    Dernier point, les orages éclatent très vite et vous surprennent.si vous n’avez anticipé un abri. J’ai 64a, quelques années de scout, service militaire dans la legion et puis des randos transpyrenees depuis 1987 font qu’aujourd’hui, je n’en finis jamais de m’émerveiller en montagne. On apprend beaucoup des autres.

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  2. Question très intéressante.
    Il faut vraiment énormément de pratique, même plusieurs années d’expérience sur divers terrains variés.
    Si possible des formations complémentaires en techniques hivernale et surtout en orientation et même en secourisme pour pouvoir vraiment être apte à toutes conditions.
    Et le plus important respecté la montagne et rester humble face à elle.
    Et merci pour cette question où l’on pourrait énormément débattre pendant des heures.

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  3. Bonnes questions et réponses multiples
    D’abord considérer la montagne comme un monde à respecter et faire preuve d’humilité à son égard. Ensuite il faut connaître ses limites physiques et garder une marge d’au moins 30% si l’on doit fournir un effort inattendu. Aussi une bonne maîtrise de la météo et des risques d’orage, de trop chaud, de trop froid, de trop venté. Les conditions climatiques sont un risque rédhibitoire en montagne alors qu’en plaine…
    Il faut aussi une bonne maîtrise en lecture de carte et orientation.
    Enfin le matériel ne supporte pas l’a peu près, Le contenu du sac et l’équipement des pieds à la tête doit être serieux
    Et pour finir, il ne faut pas avoir honte de renoncer si on pressent un risque la montagne sera encore la demain et même plus tard. Et comme disait mon instit c’est en forgeant….

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  4. Bien sûr il faut considérer le milieu montagnard comme un milieu qui peut être hostile surtout quand on la pratique seul. Il faut savoir évaluer les risques mais même les plus expérimentés ne sont pas à l’abri d’erreur de jugement…Il faut savoir renoncer en cas de doute (météo capricieuse, évolution sur un terrain inconnu même équipé d’un gps) quitte à revenir dans de meilleures conditions ou avoir étudié le terrain après coup. La condition physique est aussi un facteur déterminant car permettra de supporter des efforts plus conséquents en cas d’aléas

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  5. La question est bien plus qu’intéressante. On sait que des professionnels de la montagne ont des accidents mortels ou non, on sait qu’une course même bien préparée peut avoir son lot de surprises ( météorologiques, physiques, naturelles …), on sait que l’amateur éclairé n’est à l’abri de rien.
    Malgré tout il existe des incontournables afin de revenir entier à la maison : se connaître, avoir une certaine forme physique, réfléchir au cheminement ( celui tracé sur écran n’est pas obligatoirement celui du terrain), prévenir de son projet, avoir un fond de sac ( doudoune, couverture de survie, briquet, sifflet, frontale, quelques. barres de céréales) même si cela fait un peu de poids, le matériel dit technique… donc sécuritaire…..doit être en bon état, contrôlé, adapté ( on ne monte pas au sommet du Mont Blanc en tongs), mais surtout rester humble et savoir abandonner au moment opportun….il y aura d’autres tentatives.

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  6. N’étant pas du tout experte. Je me contente de suivre des sentiers de randonnées balisées et adaptés à la saison. J’évite les crêtes, de toute façon j ai le vertige, et la neige. J’ai quand même un équipement de base, bonne chaussures, bonnes chaussettes, couverture de survie, trousse pharmacie et filtre à eau.
    Quand je pars seule, j’envoie toujours la traversée gps par mail à mes proches, même s’ils ne savent pas s’en servir, s’ils n ont pas de nouvelles, ils pourront la transmettre aux gendarmes. Ça m’est déjà arrivée de rebrousser chemin, à cause de la neige, d un passage technique ou vertigineux qui me faisait peur même si c’est ridicule pour certains, ou à cause de la neige.
    Il ne faut pas hésiter à faire demi tour si on ne le sent pas, faut s écouter. Et si vous avez envie et les moyens, il y a des guides

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